Concevoir prend du temps, plus qu'on ne l'imagine souvent. Chez un couple sans problème particulier, la probabilité de grossesse est d'environ un sur quatre à chaque cycle. La majorité des couples y parviennent dans l'année. Mais quand les mois passent, il est légitime de se demander s'il faut consulter, et surtout quand.
Le bon moment pour consulter
- Après 12 mois de rapports réguliers (deux à trois par semaine) sans contraception
- Après 6 mois si la femme a 35 ans ou plus, car la réserve ovarienne diminue avec l'âge
- Sans attendre en cas de cycles très irréguliers ou absents, d'endométriose connue ou suspectée (règles très douloureuses), d'antécédent d'infection génitale, de chirurgie pelvienne, de traitement contre un cancer, ou de problème testiculaire connu chez l'homme
On parle d'infertilité quand aucune grossesse n'est survenue après 12 mois. Ce n'est pas une stérilité, qui désigne une impossibilité définitive : la plupart des couples qui consultent auront un enfant, spontanément ou avec une aide médicale.
Qui consulter en premier ?
Votre médecin traitant, votre gynécologue ou votre sage-femme peuvent lancer les premiers examens. Ils vous orienteront ensuite, si besoin, vers un centre d'assistance médicale à la procréation (AMP). Point essentiel : le bilan concerne le couple. Dans environ un tiers des cas la cause est féminine, dans un tiers masculine, et dans le dernier tiers elle est mixte ou inexpliquée. Faire examiner les deux partenaires dès le départ fait gagner des mois.
Le bilan côté femme
- Dosages hormonaux en début de cycle, dont l'AMH qui reflète la réserve ovarienne
- Échographie pelvienne pour observer l'utérus et compter les follicules
- Hystérosalpingographie ou examen équivalent pour vérifier que les trompes sont perméables
- Vérification de l'ovulation (courbe de température, dosage de progestérone)
Le bilan côté homme
L'examen clé est le spermogramme, complété d'un spermocytogramme : nombre, mobilité et forme des spermatozoïdes. Il se fait en laboratoire après 2 à 7 jours d'abstinence. Un résultat anormal est souvent recontrôlé trois mois plus tard, le temps d'un cycle complet de fabrication des spermatozoïdes. Un examen clinique et une échographie testiculaire peuvent compléter.
Les causes les plus fréquentes
- Troubles de l'ovulation, dont le syndrome des ovaires polykystiques
- Endométriose
- Trompes bouchées ou abîmées, souvent après une infection
- Diminution de la réserve ovarienne liée à l'âge
- Anomalies du sperme : nombre, mobilité, forme
Ce qui joue sur la fertilité au quotidien
Certains facteurs se corrigent et améliorent les chances, pour elle comme pour lui :
- Le tabac, qui réduit la fertilité des deux partenaires
- L'alcool et le cannabis
- Un poids très élevé ou très bas, qui perturbe l'ovulation
- La chaleur prolongée sur les testicules (ordinateur sur les genoux, bains très chauds)
- Certains médicaments, à vérifier avec le médecin
Et ensuite ?
Selon le résultat du bilan, les solutions vont d'une simple stimulation de l'ovulation à l'insémination artificielle ou à la fécondation in vitro. En France, l'Assurance maladie prend en charge à 100 % les actes d'AMP jusqu'au 43e anniversaire de la femme, dans la limite d'un nombre de tentatives. Le parcours peut être éprouvant : n'hésitez pas à demander un accompagnement psychologique, souvent proposé dans les centres, ou à vous tourner vers des associations de patients.
En attendant, continuez l'acide folique et apprenez à bien repérer votre fenêtre de fertilité.